Que mange un enfant entre 1 et 3 ans ? Nos repères pour composer ses repas au quotidien

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Vers un an, quelque chose change à table. Notre enfant mange de plus en plus souvent les mêmes aliments que nous, attrape les morceaux avec les doigts, veut parfois tenir sa cuillère seul et commence à avoir des avis très tranchés sur ce qui se trouve dans son assiette.

Nous pourrions facilement penser que le plus gros de la diversification est derrière nous et qu’il suffit désormais de lui servir une petite portion du repas familial.

En réalité, entre 1 et 3 ans, son alimentation se rapproche progressivement de la nôtre, mais ses besoins restent ceux d’un tout-petit. Le lait conserve notamment une place importante, les matières grasses ne sont pas à traquer et certains nutriments, comme le fer, demandent notre attention.

Alors, concrètement, que mettons-nous dans son assiette ?

bébé qui sourit et ouvre la bouche pendant son repas

Entre 1 et 3 ans, l’assiette se rapproche de la nôtre… doucement

À cet âge, nous pouvons partager de plus en plus de repas en famille. C’est même l’un des plaisirs de cette période : voir notre enfant découvrir ce que nous mangeons, goûter dans notre assiette et reconnaître peu à peu les plats de la maison.

Les portions, elles, restent adaptées à son âge et à son appétit.

Au fil de la journée, son alimentation se construit autour d’aliments variés : légumes et fruits, féculents, matières grasses, sources de protéines adaptées à son alimentation, produits laitiers et lait.

Nous pouvons également continuer à faire évoluer les textures. Des légumes fondants, une banane écrasée grossièrement, de petites pâtes ou un morceau suffisamment tendre pour être saisi à la main permettent de découvrir autrement les aliments.

Et puis il y a les jours où la courgette est accueillie avec enthousiasme… et ceux où elle est immédiatement déposée à côté de l’assiette. Cela fait aussi partie de l’apprentissage.

Le lait ne disparaît pas après le premier anniversaire

C’est un point facile à oublier lorsque les repas solides prennent davantage de place.

Après un an, le lait continue pourtant de participer aux apports nutritionnels de l’enfant. Lorsque l’enfant n’est pas allaité, le lait 3e âge, aussi appelé lait de croissance, peut prendre le relais du lait 2e âge.

Sa composition n’est pas la même que celle du lait de vache classique. Le lait de croissance apporte notamment du fer et sa teneur en protéines et en matières grasses est pensée pour les besoins des jeunes enfants.

Pour approfondir la place du lait et l’organisation des repas de bébé entre 1 et 3 ans, nous pouvons regarder l’ensemble de la journée : le petit-déjeuner, le déjeuner, le goûter et le dîner se complètent plutôt que de fonctionner séparément.

L’essentiel à retenir : à un an, passer aux aliments solides ne signifie pas faire disparaître le lait de l’alimentation.

Le fer mérite une attention particulière

Nous parlons beaucoup des légumes lorsque nous pensons à l’alimentation des enfants. Le fer est parfois moins présent dans nos réflexes.

Pourtant, les besoins du jeune enfant sont importants. Le lait de croissance peut participer à ces apports puisqu’il est enrichi en fer.

L’alimentation solide apporte elle aussi du fer. Selon les habitudes alimentaires de la famille, nous pouvons le retrouver dans différentes sources animales ou végétales. Dans une alimentation végétarienne, par exemple, légumineuses, tofu et autres aliments adaptés à l’âge de l’enfant peuvent trouver leur place dans les repas. Un professionnel de santé peut aider à ajuster l’alimentation lorsque certains groupes d’aliments sont exclus.

Nous évitons surtout de raisonner aliment par aliment. C’est la journée, puis les jours qui se suivent, qui donnent une vision beaucoup plus juste de ce que mange réellement notre enfant.

Les matières grasses ont leur place dans son repas

Quand nous avons grandi avec l’idée qu’il fallait cuisiner « léger », ajouter volontairement de l’huile dans une purée peut sembler étrange.

Chez le jeune enfant, les besoins ne sont pourtant pas ceux d’un adulte.

Une petite quantité de matière grasse ajoutée aux préparations permet d’enrichir son alimentation. Nous pouvons varier les huiles au fil des repas plutôt que de toujours utiliser la même.

C’est un geste minuscule : un filet ajouté après la cuisson, quelques secondes avant de poser l’assiette sur la table. Mais c’est justement le genre de détail qui compte davantage que de chercher des recettes compliquées.

À quoi peut ressembler un repas ?

Nous pouvons partir d’une structure toute simple.

Des légumes. Un féculent. Une source de protéines lorsque sa place est prévue dans la journée. Un peu de matière grasse. Un fruit ou un produit laitier selon le repas et ce qui a déjà été proposé.

Les quantités ne sont pas celles d’un adulte en miniature. Elles évoluent avec l’âge et l’appétit.

Le dîner peut ainsi être composé de légumes fondants avec de la semoule et un filet d’huile, accompagnés d’un fruit. Un autre jour, nous pouvons servir une purée de légumes et pommes de terre avec un produit laitier adapté.

Le repas n’a pas besoin de comporter dix ingrédients pour être intéressant sur le plan nutritionnel.

Et lorsqu’il refuse son assiette ?

Voilà probablement le moment où nos beaux repères rencontrent la vraie vie.

Nous avons préparé des légumes, ajouté le féculent, installé tout le monde. Notre enfant mange trois bouchées puis tourne la tête.

Nous pouvons être tentés de remplacer immédiatement le repas par quelque chose dont nous savons qu’il raffole. Pourtant, l’appétit varie naturellement d’un repas à l’autre.

Nous continuons à proposer des aliments variés sans faire de chaque bouchée une négociation. Un aliment refusé aujourd’hui pourra être présenté à nouveau une autre fois, sous la même forme ou différemment.

L’erreur fréquente serait de confondre “respecter son appétit” et “ne plus proposer ce dont il a besoin”.

Nous pouvons faire les deux : offrir un cadre alimentaire adapté et laisser notre enfant décider de la quantité qu’il mange.

Regarder la journée plutôt qu’une seule assiette

C’est probablement le repère qui nous aide le plus.

Un déjeuner presque entièrement mangé peut être suivi d’un dîner minuscule. Un enfant peut adorer les brocolis le mardi et ne plus vouloir les regarder le jeudi.

Nous n’avons pas besoin de réussir chaque assiette séparément.

Nous pouvons plutôt nous demander : a-t-il eu des fruits et des légumes ? Des féculents ? Des matières grasses ? Une source adaptée de protéines ? Ses apports lactés ? Des aliments contribuant à ses besoins en fer ?

Cette manière de regarder l’alimentation laisse davantage de place aux variations d’appétit sans perdre de vue les besoins nutritionnels.

Entre 1 et 3 ans, nous accompagnons finalement deux apprentissages en même temps : nourrir un corps qui grandit très vite et laisser un petit mangeur découvrir peu à peu ce qu’il aime, ce qu’il refuse et le plaisir de partager un repas avec nous.

Et certains jours, ce petit mangeur terminera son assiette. D’autres, il passera davantage de temps à examiner un petit pois entre ses doigts.

Les deux peuvent faire partie du chemin.